Une école internationale d’archéologie précolombienne à l’ULB
Pr. Peter Eeckhout

NEWS

Le Pr. Peter Eeckhout dévoile les derniers grands chantiers archéologiques (comme le site de Pachacamac, la Lourdes préhispanique) de ces dernières années et leurs extraordinaires découvertes dans ENQUÊTES ARCHEOLOGIQUES sur ARTE du 17 janvier 2017 au 10 février 2017 lien vers le site d’Arte

Avril 2014: Découverte d’un temple décoré de peintures murales à Pachacamac, Pérou.

De nombreuses offrandes couvraient le sol du temple. Il s’agirait d’un rituel d’abandon consécutif à la conquête espagnole du début du 16e siècle. Selon Peter Eeckhout, il pourrait s’agir d’une offrande massive faite à l’occasion de l’abandon rituel du temple, suite à la conquête espagnole en 1533.

Mai 2012 : Découverte exceptionnelle à Pachacamac, Pérou.

Vue du tombeau découvert durant la campagne d'avril-mai 2012 à Pachacamac, Pérou.

L’archéologue du CreA de l’ULB, le Pr. Peter Eeckhout  a mis au jour un tombeau exceptionnel contenant plus de 80 défunts de différents âges. La découverte, provisoirement datée des alentours de l’an 1000 a été faite à Pachacamac, Pérou.

Face au Temple de Pachacamac, parmi des tombes de diverses périodes, une grande chambre funéraire de 20m² a été découverte intacte et épargnée par les pilleurs. Le tombeau, de forme ovale et autour duquel était disposé une dizaine de nouveau-nés et de jeunes enfants, contenait sur deux niveaux plus de 70 squelettes et momies tous en position fœtale, comme c’est la tradition dans ces régions. Les défunts des deux sexes et de tous âges étaient accompagnés de très nombreuses offrandes (vases, animaux, bijoux en cuivre et en alliage d’or, « fausses-têtes » en bois peint, etc.). Les études se poursuivent actuellement en laboratoire pour répondre aux multiples questions soulevées par cette découverte unique.

Biographie

238_60_052Né en 1966. Docteur en Philosophie et Lettres de l’ULB, Détenteur d’un Certificat en Archéologie Africaine et en Coopération et Développement (ULB). Archéologue-Expert au CreA de l’ULB, Professeur en Histoire de l’Art et Archéologie (ULB). Directeur et Fondateur du Projet Ychsma (Pachamac, Pérou).

Cliquez ici pour lire davantage à ce propos

Le projet

1. LES ENJEUX MAJEURS

En plein essor économique et largement stabilisée au niveau politique, l’Amérique Latine joue un rôle d’importance croissante sur la scène mondiale. Elle présente également un potentiel exceptionnel en matière d’archéologie et de patrimoine : les Incas au Pérou, les Aztèques au Mexique ou les Mayas au Guatemala et dans les pays voisins offrent d’immenses perspectives pour la recherche, de même que les centaines d’autres cultures anciennes moins connues en attente d’être étudiées, voire découvertes.

L’archéologie précolombienne est en effet encore à bien des égards, un terrain vierge. Peter Eeckhout, chargé de cours en archéologie et histoire de l’art à l’ULB, l’a bien compris et conduit depuis les années 1990 au Pérou des recherches de terrain qui lui ont assuré une renommée scientifique mondiale et un ancrage fort vis-à-vis des acteurs institutionnels locaux. Parallèlement, les études en archéologie précolombienne à l’ULB, formation unique en Belgique, rencontrent un très grand succès. Nous souhaiterions capitaliser sur ces acquis et faire de Bruxelles un pôle d’excellence du domaine.

L’étude comparée des sociétés complexes de l’Amérique ancienne est au cœur du projet de recherche. La nature du pouvoir, son émergence et sa transmission, sa traduction dans les grands monuments architecturaux, dans la transformation du paysage, dans l’exploitation des ressources, dans la gestion des crises sociétales, climatiques, politiques que les cultures précolombiennes ont connues, dans l’art mobilier immensément divers dont de nombreux et magnifiques exemples sont parvenus jusqu’à nous…

La sécularisation progressive du pouvoir dans les Andes, l’instrumentalisation des pèlerinages de masse par les empereurs incas, la stratification des nobles dans les cours royales mayas, le rôle des élites féminines, la diffusion des modèles funéraires et des croyances associées, la distribution des biens de prestige (métal précieux et autres), ou la pratique du sacrifice humain, sont quelques-uns des thèmes sur lesquels nous travaillons ou ambitionnons de travailler. Le recours aux sciences naturelles, exactes ou médicales (bioarchéologie, pharmacognosie, études isotopiques, archéologie biomoléculaire, archéobotanique, etc.) s’inscrit évidemment dans la démarche de reconstitution holistique  des sociétés du passé américain que nous prônons.

2. AVANCÉES MAJEURES DES ÉTUDES PRÉCOLOMBIENNES À L’ULB

La recherche américaniste à l’ULB bénéficie d’une renommée considérable de par le monde. Jusqu’à récemment, cette notoriété scientifique résultait davantage du fait de personnalités particulières (Michel Graulich, Peter Eeckhout, Sylvie Peperstraete) que d’une tradition académique propre à l’université.

Le BA et le Master en Civilisations précolombiennes ont été lancés respectivement en 2004  et 2007 dans le Dpt d’Histoire, Arts et Archéologie de la Faculté de Philosophie & Lettres. Les cours ont rencontré un succès immédiat et cette spécialité s’est hissée au second rang en termes d’inscriptions, juste derrière l’art contemporain. Vingt-quatre étudiants ont obtenu leur Master précolombien en 2009, et quarante-quatre autres suivent actuellement le cursus (entre BA & Master). Unique en Belgique, ce master deviendra européen à partir de septembre 2011, puisqu’à l’initiative de l’ULB un réseau comprenant les universités de Paris I-Sorbonne, Leiden, Bonn, Valencia et Barcelone sera constitué, qui permettra échanges et co-diplômations. En outre, le nombre des étudiants inscrits au doctorat a également augmenté: ils sont actuellement trois, tandis que trois autres ont posé leur candidature en 2010, ce qui souligne le potentiel certain qui existe en Belgique dans le domaine.

Le Projet Ychsma, dirigé par Peter Eeckhout, se déroule à Pachacamac (Pérou), l’un des plus grands et plus fameux sites d’Amérique du Sud. Le projet comprend une équipe internationale de chercheurs travaillant sur différents aspects de l’histoire du site dans une perspective régionale (incluant l’architecture monumentale, l’anthropologie physique et la bioarchéologie, la céramographie, l’étude des textiles, la malacologie, la paléoichtyologie, la paléoclimatologie, l’archéobotanique, etc.). Les études, toujours en cours, ont totalement transformé la vision traditionnelle du site et ont largement contribué par leur exemple à l’essor remarquable que connaît aujourd’hui l’archéologie de la zone de Lima.

3. UN PROJET À DIMENSION INTERNATIONALE

L’idée maîtresse du projet est d’articuler l’enseignement, la formation et la recherche et de créer ainsi une véritable école générant sa propre dynamique, en interaction constante avec le terrain et les partenaires étrangers à divers niveaux.

Ainsi, la multiplication des projets de terrain en Amérique permettra aux étudiants de deuxième cycle de se former de façon spécifique, mais fournira également aux doctorants de troisième cycle des environnements de recherche propices. Ces recherches seront répercutées via les séminaires et les congrès à Bruxelles, créant de cette façon  des synergies internes et externes. La possibilité de post-doctorat et l’accueil de collègues étrangers contribueront de la même manière à asseoir la notoriété de l’école et à attirer vers elle des étudiants et chercheurs venus d’ailleurs.

Les objectifs concrets du projet sont :

1) Multiplier et diversifier les terrains : par la poursuite des fouilles au Pérou et le lancement d’un nouveau projet en zone maya (Guatemala-Mexique). Le dénominateur commun des recherches est l’étude des sociétés complexes

2) Encourager les jeunes talents : par la création de bourses de recherche spécifiquement destinées aux américanistes au niveau doctoral et postdoctoral

3) Diffuser les résultats et assurer la communication avec la communauté internationale : par l’accueil de chercheurs étrangers, l’organisation de congrès annuels à Bruxelles et la participation active de nos chercheurs aux rencontres scientifiques à l’étranger, leur participation à des réseaux internationaux de recherche et d’enseignement.

4. LES OBJECTIFS DU FINANCEMENT

1) soutien à la recherche de terrain : l’obtention de financements a été un combat constant depuis les débuts du Projet Ychsma, qui a bénéficié de fonds d’une série d’institutions belges (incluant FNRS, FRFC, ULB) et internationales, comme la National Geographic Society (Washington), et la Mary G. and Curtiss T. Brennan Foundation (Santa Fe, USA).

L’expérience montre que des subsides s’obtiennent plus aisément lorsque l’on peut déjà se prévaloir d’un budget récurrent jouant le rôle de seed money, ce qui est le but visé ici.

2) soutien aux jeunes chercheurs : les candidats au doctorat (les étudiants Master de niveau exceptionnel) ont des possibilités limitées d’obtenir une bourse, à cause de l’état actuel du financement de la recherche en Belgique.

En conséquence, de nombreux étudiants parmi les plus prometteurs s’expatrient ou se découragent et abandonnent le domaine, ce qui constitue un insupportable gâchis en termes de potentiel intellectuel et académique pour la discipline. Si des bourses spécifiques pouvaient être proposées aux américanistes, l’effet sur le développement et l’attractivité de la recherche serait immédiat.

Le programme débuterait par une bourse annuelle (de 4 ans), donc au final 4 docteurs, en sus de ceux qui auraient bénéficié des autres opportunités (FNRS et Mini-ARC). Ces étudiants de 3e cycle développeraient leurs talents dans les projets de terrain et des domaines spécialisés (comme l’épigraphie ou l’art), et contribueraient à former eux-mêmes les étudiants de 2e cycle.  Une bourse de post-doc serait également offerte, de telle sorte que de jeunes docteurs puissent commencer leur carrière à Bruxelles. Tout ceci insufflerait une dynamique d’émulation puissante et maximiserait le profil et la réputation internationale de l’école d’archéologie précolombienne de l’ULB.

3) soutien au processus d’internationalisation: ce que nous avons fait et ferons doit être diffusé et connu plus largement. Nous nous sommes déjà engagés dans cette voie via le Projet Ychsma, mais le processus doit être amplifié par (a) l’organisation annuelle de rencontres scientifiques internationales ; (b) la facilitation de la participation des chercheurs ULB  aux colloques à l’étranger ; (c) l’invitation de professeurs étrangers (un par an) ; (d) la création -en cours- d’un Master européen en Études précolombiennes, en collaboration avec une série d’universités renommées.

La philosophie générale et l’objectif global du soutien sollicité est de faire de Bruxelles un pôle d’excellence reconnu en études précolombiennes grâce à un enseignement de premier plan, la promotion des résultats des recherches et l’accueil de chercheurs étrangers.

BUDGET REQUIS SUR 5 ANS 

Développer le tableau du budget

Autres informations

La fiche du projet en PDF est accessible ici.